Génération Numérique: un fantasme collectif erroné

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Le constat

Génération Numérique: un fantasme collectif erroné | creation de site webCombien de fois entendons-nous l’admiration résignée et quelque peu fataliste des adultes de plus de 30ans envers les jeunes de la génération numérique ? La compétence informatique est ainsi érigée au rang de «don», accessible uniquement par ceux qui sont nés dans l’ère informatique.

C’est vrai qu’au premier abord, les signes sont trompeurs: les 15-30 ans sont hyper-connectés, les relations virtuelles sont devenues une habitude et ils ont conscience du potentiel d’Internet en matière d’échange et de partage (du savoir, des données, des compétences etc). Ces nouvelles habitudes de communication redéfinissent l’organisation sociale en abrogeant les hiérarchies au profit de la coopération horizontale.

Ce qui est décrit ici montre qu’Internet et l’ordinateur ne sont pas appréhendés comme des outils mais comme des médias.

Cassons les préjugés

Si l’utilisation de l’informatique au quotidien s’est popularisée, sa connaissance technique et sa maîtrise restent néanmoins le domaine des passionnés et des professionnels. Des connaissances simples comme reconnaître le format d’un fichier à partir de son extension, utiliser les raccourcis claviers ou réinstaller un système d’exploitation ne sont bien souvent pas connus.

Bien que contraire au fantasme collectif, ce constat n’est pas tellement étonnant. La démocratisation des voitures a-t-elle produit des générations de mécaniciens en herbe ? Que nenni !

Néanmoins, la culture s’est adaptée au monde automobile, le vocabulaire est entré dans le jargon courant («On met le turbo et on finit la peinture de la clôture ce soir !»), son utilisation est largement répandue et les prix ont chuté rendant accessibles l’acquisition et la maintenance d’un véhicule. Sa démocratisation est devenue si évidente qu’il est même difficile d’obtenir un travail sans le sésame «permis B + véhicule» !

La réalité de la génération numérique

Aujourd’hui, l’informatique suit le même processus: banalisation des applications et désintérêt pour la technique au profit de l’usage. Son omniprésence implique de savoir se servir d’internet, mais pas nécessairement d’en connaître le fonctionnement ni de l’optimiser.

Ainsi les jeunes vont au plus simple pour répondre à leurs besoins et piochent dans un panel d’applications très limité et pas forcément pertinent. Google et Facebook sont utilisés à 90% et bien souvent détournés, pour remplir des tâches pour lesquelles ils n’ont pas été créés au départ. Que celui qui n’a jamais cherché un numéro de téléphone en tapant directement dans Google «numéro de téléphone + nom de l’entreprise» leur jette la première pierre.

Conclusion

Les innombrables possibilités qu’offre Internet sont loin _très loin_ d’être exploitées. Ne voyez dans mes propos ni déception ni volonté de stigmatiser les jeunes. Je souhaite simplement ici vous ouvrir les yeux sur une réalité: les jeunes ne sont pas des génies de l’informatique. Vous pouvez vous déculpabiliser de ne rien y connaître: eux non plus, pourtant ils sont nés dedans et l’utilisent tous les jours !

Vous aviez déjà fait ce constat? Partagez vos réactions en commentaire!

A bientôt sur Les Doigts dans le Net! Marie-Eve

Crédits Photo: Image: graur razvan ionut / FreeDigitalPhotos.net

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8 Commentaires pour Génération Numérique: un fantasme collectif erroné

  1. Marie-Eve,
    ton analyse me plaît et j’y souscris totalement. Au risque de choquer, j’aurais même tendance à aller plus loin. En effet, ceux que globalement tu classes dans « les jeunes » utilisent des outils » (souvent très mal ou très en dessous des réelles possibilités) avec lesquels ils ont grandi. Mais en plus, ces outils ont fait perdre le sens de certaines réalités. Aujourd’hui, il leur est devenu impossible de compter sans assistance, de rédiger un paragraphe sans que la moitié des mots ne soient soulignés en rouge par le correcteur orthographique, de s’organiser pour respecter leur agenda (c’est tellement facile de passer un coup de téléphone au dernier moment pour annoncer un retard – lorsqu’ils y pensent), etc, etc … L’automobile, elle, même si elle a contribué à largement diminuer nos capacités à nous déplacer à pied, ne nous a pas fait oublier comment marcher.
    J’y ai peut-être été un peu fort, là, non ?
    Damien Articles récents..5 minutes pour utiliser les BlogRoll sur votre blogMy Profile

    • Ce que tu dis est totalement vrai. La tendance à céder à la facilité et à se faire assister est exacerbée par l’utilisation des nouvelles technologies. Et la dépendance au correcteur orthographique est un révélateur de cette tendance générale.
      Ceci dit, je ne pense pas que cela vienne des gens (qui seraient donc de plus en plus fainéants) mais plutôt de la nature de l’informatique à être omniprésent dans notre vie quotidienne. Les situations « d’assistanat » sont donc de plus en plus fréquentes et accessibles (moi-même, je ne connais plus aucun numéro de téléphone depuis que j’ai un gsm).
      Céder à la facilité est un classique de la nature humaine et on le retrouve dans quasi tous les domaines de l’évolution technologique. Il n’est pas rare de voir quelqu’un prendre sa voiture quand un vélo serait bien plus pratique, les jeux télé restent plus regardés que les documentaires, la mayonnaise se vent très bien alors qu’un batteur électrique (rangé dans le placard) permet d’en faire une maison en 5 minutes…
      Merci d’avoir relancé le sujet! Ca m’a donné une idée d’article :)

  2. Je souscrit également à ton analyse et j’aborde également un autre côté du sujet. Mon fils a 8 ans et son prof utilise beaucoup Internet pour les leçons (par exemple pour apprendre les tables de multiplication).
    D’un côté je trouve ça très pratique, d’un autre ça m’inquiète car j’ai l’impression qu’il fait peu travailler sa mémoire.
    Lara Articles récents..Nous parlons nourriture tous les joursMy Profile

    • Tout dépend de comment le prof utilise Internet. Si c’est pour bénéficier de l’interaction (exercices auto-corrigé par exemple), pourquoi pas ? Par contre, il ne faudrait pas l’utiliser comme pense-bête. Mais ne dramatisons pas, je me souviens que j’avais l’habitude d’utiliser les pages « tables de multiplication » sur mon agenda, ça ne m’a pas empêcher d’apprendre mes tables (dans la douleur si je me souviens bien).

  3. bonjour, je ne fais pas partie de la génération internet puisque j’ai 38 ans et quand je vois mes élèves ou mes nièces, c’est vrai que je les envie! ils font ça avec une facilité alors que moi j’ai honte de mes connaissances informatiques!

    j’ai crée mon blog grace à la formation d’Aurélien, j’avance mais chaque fois j’ai super peur de faire une connerie, d’appuyer sur le mauvais bouton et de ne pas savoir comment en sortir!

    mais le jeu en vaut la chandelle!

    donc merci pour ton blog, je viendrais m’y instruire souvent tant j’ai de choses à apprendre en informatique!

    Blandine
    http://www.lesphrasesdezenie.com
    Blandine Articles récents..Découverte de la kinésiologieMy Profile

  4. Bonjour Marie-Eve,

    Je partage en tous points ton analyse.
    Je pense qu’en général, il en va plus d’une faculté d’adaptation, et d’un apprentissage par essai-erreur que d’une réelle connaissance. Le recours à Internet pour quoi que ce soit est maintenant devenu le premier réflexe.
    Mes enfants sont dans le cas, ils utilisent Internet sans se poser de questions et au gré des avis des copains et copines. Il ne font appel à l’aide qu’en dernier recours. Il font d’abord et se posent les questions ensuite.
    Mais cela reste aussi valable pour les utilisateurs plus expérimentés, la plupart sont autodidactes.

    Les services utilisés généralement sont récents (5 à 10 ans), évoluent constamment au gré des besoins et si les utilisateurs en profitent, ils ne mesurent en général pas les conséquences des actes qu’ils pourraient poser.

    En synthèse, je dirai qu’il ne faut pas hésiter à se lancer mais bénéficier des conseils d’un utilisateur expérimenté ou investir dans une formation est certainement gage de plus d’efficience.

    Bien à toi,

    Olivier

    • Merci Olivier pour cette réponse pertinente. Je te rejoints sur ta conclusion, se faire guider est certainement le moyen le plus efficace pour cadrer son apprentissage et apprendre les bonnes pratiques.
      A bientôt!

A votre tour de vous exprimer!

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A bientôt! Marie-Eve